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SERVICE de PSYCHIATRIE et de PSYCHOLOGIE MEDICALE

CHU ANGERS

 

 

XXIème JOURNÉE DE PSYCHIATRIE DE FONTEVRAUD

SAMEDI 13 MAI 2006


ARCHITECTURE ESPACE ET PSYCHIATRIE

Théorie du soin en psychiatrie et architecture

XXIèmes Journées de FONTEVRAUD – Docteur Jean-Charles PASCAL – 13 Mai 2006

 

DIAPO 1

Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, Chers Collègues,

 

Je tiens tout d’abord à remercier le comité d’organisation de ces 21èmes journées de psychiatrie du Val de Loire du plaisir qu’il m’a procuré en me faisant l’honneur de m’inviter à cette Journée de Fontevraud et en me permettant ainsi, de ré aborder cette passionnante question du rapport entre la Théorie du soins en psychiatrie et l’architecture.

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Quand Esquirol écrit en 1822 en évoquant la maison d’aliénés:

« Entre les mains d’un médecin habile c’est l’agent le plus puissant contre les maladies mentales »

Il ne fait pas uniquement référence à l’espace architectural de l’Asile mais à sa conception globale de l’espace soignant et cette notion d’espace soignant est plus complexe qu’il n’y paraît. Le lien signifiant qu’il introduit peut amener à confondre ce qui appartient aux soins eux-mêmes et ce qui relève de l’espace où ils sont dispensés.

L’histoire témoigne d’ailleurs de cet échange subtil entre la psychiatrie et l’architecture. Le lien entre le traitement moral et l’architecture de l’asile classique, est bien connu, tout comme celui de l’hôpital village avec la psychothérapie institutionnelle dans la recherche de l’impact thérapeutique que pourrait avoir une société idéale sur la maladie mentale.

Qui se souvient par contre que le débat au sein de la psychiatrie entre marxisme et psychanalysme a eu d’importantes répercussions sur les modalités architecturales et environnementales apportées aux soins des malades mentaux ?

En fait, l’histoire de la théorie du soin en psychiatrie est tellement liée à celle de l’architecture que le renouveau d’intérêt auquel nous assistons dans ce domaine depuis quelques années est une très bonne nouvelle. La question fondamentale reste bien sûr l’équilibre nécessaire entre ce sens donné à l’œuvre architecturale et son lien à sa propre référence théorique et l’objectif du projet architectural lié à l’expression même des besoins.

Je vais aborder devant vous cette difficile question, en cinq actes.

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PREMIER ACTE: L’asile théâtre de la folie

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Dans un texte récent: « les métamorphoses de l’hôpital psychiatrique », Donato Severo, architecte, reprend les propositions de BRIERRE DE BOISMONT, sur le principe de la l’asile psychiatrique comme figure métaphorique du théâtre, théâtre de la folie dont rien ne peut échapper au regard de l’aliéniste, scène idéale où la folie peut s’exprimer sans les artefacts induits par la vie en société. L’aliéniste est le directeur de ce théâtre, tout comme dieu l’est de celui de la vie.

Il ne faut pas, comme de toute chose dit-on, abuser des métaphores, mais celle là est intéressante, car elle laisse entendre que le dispositif asilaire, s’il cache beaucoup, est également fait pour montrer. L’objectif de l’asile, ne l’oublions pas, ne s’est jamais limité à la question du renfermement des aliénés ou à un rêve d’une médecine d’entomologiste dans laquelle l’aliéniste ne se serait contenté que de décrire les troubles mentaux dans leur représentation purifiée par la scène asilaire.

 L’objectif de l’asile a été essentiellement thérapeutique ne serait-ce qu’à travers le traitement moral ou les « scènes thérapeutiques » de PINEL, pour ne citer que les outils thérapeutiques psycho dynamiques.

 Le théâtre n’est d’ailleurs pas la seule métaphore de l’hôpital psychiatrique qui a pu être aussi : ferme, prison, village, communautés utopiques, pétrifiées par :

-l’isolement géographique,

-le classement des malades par degré d’agitation,

- la séparation des sexes et des classes sociales, qui fut la règle dans l’asile classique et dans ses avatars.

Après le grand renfermement, est survenu le grand déplacement avec l’idéologie du retour à la nature, des bienfaits de l’environnement et de l’esthétique/thérapeutique. L’asile apparaît alors comme une sorte de fusion archétypale de la ville et de la campagne  et réalise le rêve de PALLADIO : « La nature assujettie à la raison et la raison assujettie à la nature ».

 

L’asile puis l’hôpital psychiatrique s’est d’ailleurs lentement mais très bien adapté aux structures changeantes de la ville :

-         Intra-muros tout d’abord, dans la ville préindustrielle,

-         Hors la ville, dans la ville moderne,

- Puis de nouveau en milieu urbain, mais dispersé, dans la ville contemporaine, dans ce que l’on peut appeler la « citta diffusa », même si les liens avec l’asile à la campagne, devenue banlieue, sont souvent maintenus, en France, pour les pathologies les plus lourdes.

Au discours sur l’asile classique, ou Palladien, à succédé celui de l’hôpital fonctionnel puis de l’hôpital village, avatar tardif de ce que l’on pourrait désigner comme  soin institutionnel intégré (j’y reviendrai plus loin).

Quoi qu’il en soit, les échanges entre les psychiatres et les architectes ont été longtemps fructueux et on se souvient des associations formées par LEBAS et ESQUIROL (« l’asile de Charenton dessiné par GILBERT sur les indications d’Esquirol » D.S.) …

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… ou par PHILIPPON et FERUS comme le montre ce plan d’asile réalisé en 1834 par Philippon sur les indications de Ferrus, même si FALRET avait écrit de façon trop péremptoire : « La construction d’un asile d’aliénés doit être moins l’œuvre d’un architecte que la réalisation des principes de la maladie mentale ».

C’est bien cette question qui nous amène aujourd’hui à réfléchir ensemble, sur les points de convergences ou de divergences souhaitables entre les théories du soin dominantes et les conceptions de l’architecte : œuvre commune ou éclairage de la pensée de l’un par celle de l‘autre, avec la question du tiers financeur ou ordonnateur…intervenant comme le deus ex-machina

DEUXIEME ACTE: Le traitement moral et l’asile classique

Les relations entre l’architecture et les soins psychiatriques sont très anciennes et trouvent leurs origines dans les premiers espaces magico religieux. Dans l’Asclépios de PERGAME, par exemple, les patients déambulaient dans un espace circulaire destiné à susciter un effroi déjà considéré comme thérapeutique pour les aliénés.

On fait communément remonter à Philippe PINEL et à ses travaux sur le traitement moral des maladies mentales, la réflexion et la conception de l’asile classique. Avant même qu’ESQUIROL propose avec LEBAS, en 1818  son plan modèle, cinq asiles avaient déjà été construits en Angleterre. Tous les auteurs signalent d’ailleurs l’importance des échanges transnationaux à cette époque.

Le traitement moral définit, c’est bien connu, une prise en charge impliquant l’isolement des patients vis à vis de la société et de leur famille (qu’ESQUIROL décrit étrangement comme « innocemment et amoureusement nuisible »). Cet isolement devait se faire, ce qui hélas a été souvent transgressé, dans des conditions excluant toute brutalité et de façon paradoxale, devait s’accompagner d’une liberté apparente. On souligne également les exigences environnementales qui devaient assurer la pureté de l’air et de l’eau et une situation topographique qui permettait de donner aux internés la meilleure vue possible sur l’extérieur. L’espace asilaire comprend des jardins et les murs et les grilles sont si possible et tout au moins dans les premiers projets, exclus. La proximité d’espaces agraires permettait aux aliénés de participer à des travaux agricoles, l’oisiveté étant considérée comme une des principales sources de la maladie mentale.

Très tôt on notera une répartition des malades selon leur pathologie mais ce principe, souhaité par PINEL, n’a pas été respecté par ESQUIROL qui préférait les agréger selon leur comportement. Dans la partie la plus calme et éventuellement la plus sombre mais aussi la plus reculée, sont hospitalisés les furieux ; dans la partie intermédiaire, les périodiques et, plus on se rapproche de la porte d’entrée, plus les malades sont calmes. Les hommes à droite et les femmes à gauche dit-on classiquement et pourtant…

DIAPO 6

…il y a de nombreux exemples contraires comme le montre ce plan théorique d’un hôpital d’aliéné dessiné par l’architecte Montrobert en 1835

. Au centre de ce dispositif asilaire dont on trouve les traces dans de nombreux établissements anciens, se situe la représentation de l’autorité médicale et administrative qui ont longtemps été confondues : « masse imposante qui doit en imposer aux malades » dit ESQUIROL, mais ce qui domine c’est la symétrie, l’organisation de l’espace étant considéré comme susceptible de contribuer à la réorganisation de l’espace psychique désordonné des patients aliénés.

Renforçant la formule de FALRET, ESQUIROL écrit en 1818 : « Le plan d’un asile d’aliénés n’est point une chose indifférente et qu’on doit abandonner aux architectes ».

Quarante ans plus tard, PARCHAPE produira un mémoire intitulé « Principes à suivre dans les fondations de la construction des asiles d’aliénés » et il y rappellera les principes déjà évoqués : symétrie et classification par quartier des différents comportements rencontrés (tranquilles, agités, mal propres et idiots).

Il est d’ailleurs remarquable que le centralisme français a introduit, malgré quelques interprétations régionalistes, une certaine uniformisation des réponses architecturales alors qu’en Angleterre une plus grande liberté de conception a toujours existée entre les différents comtés, ce qui a donné des interprétations plus libres par rapport à l’asile archétypal. En Allemagne par contre, les hôpitaux ont pratiquement tous été conçus en pleine nature en référence aux conceptions philosophico thérapeutiques dominantes que l’on retrouvera dans l’hôpital village.

La beauté, l’austérité et l’adéquation pratique et théorique sont les éléments du triptyque fondateur du bâtiment asilaire. Les théories des psychiatres s’associent alors étroitement à la conception architecturale et d’importants débats auront lieu sur le nombre d’étages idéal pour ces établissements, la question de la sécurité des hospitalisés étant une véritable obsession. Ce débat réapparaîtra pratiquement sous la même forme en 1967.

TROISIEME ACTE: L’hôpital village ou l’histoire d’une illusion

La forme asilaire à travers ses avatars, a eu la vie dure puisque elle était encore dominante en 1946 comme en témoigne un numéro spécial de l’Information Psychiatrique sur le thème de : « Au-delà de l’asile d’aliénés et de l’hôpital psychiatrique ». Dans ce document, différents auteurs, et parmi eux les plus éminents des désaliénistes, tentent de concevoir ce que sera l’espace thérapeutique des décennies à venir. Après avoir distingué l’admission fermée et l’admission ouverte fonctionnant comme une sorte d’unité d’observation, ce qui est assez moderne, le reste du projet qui est qualifié de plan général/idéal témoigne, au-delà d’un objectif d’humanisation, du peu de chemin parcouru depuis 1818 aussi bien dans la conception architecturale de l’hôpital psychiatrique que dans l’appareil thérapeutique de soins voire même dans la philosophie du soin.

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Le dispositif recommandé reprend en grande partie celui de l’asile classique, revisité par le concept de l’hôpital village avec un centre économique et social de l’établissement entourant une sorte de place centrale du village.

A l’ouest, vers le service des hommes (qui est aussi à gauche), le bloc des ateliers nécessaires au fonctionnement normal de l’hôpital et les locaux des activités thérapeutiques par le travail pour les hommes ; à l’est, vers le service des femmes, le bloc des services économiques à personnel féminin prédominant ainsi que ceux des ateliers féminins.

 Le service dit des « enfants arriérés » peu récupérables ou inéducables est annexé au service des femmes, ce qui permet l’utilisation au service de ces enfants de certaines malades pouvant créer ce qui est décrit de façon aujourd’hui très décalé culturellement, voire irrecevable comme : « une variété intéressante d’assistance symbiotique ».

 Au sud, le bloc alimentaire (boulangerie, cuisine) mais aussi la salle de spectacles, la bibliothèque, etc… et au nord les édifices de cultes et les bureaux de l’administration ce qui anticipe de ce qui va être la séparation du pouvoir médical et de l’administration, longtemps confondus. On peut d’ailleurs se demander comment se traduira dans l’espace architectural, la Gouvernance de demain ?

 Les auteurs évoquent également une annexe dédiée aux soins somatiques des hospitalisés ainsi que différents pavillons de réadaptation. Il est par contre, contrairement à l’hôpital classique, préconisé de fuir la symétrie et l’emploi systématique des lignes droites. On y préfèrera un décor végétal riche…l’arbre masquant la forêt ?

 

QUATRIEME ACTE: Deux philosophie du soins toujours actuelles

A peine réalisé, l’hôpital village a été considéré comme dépassé. On lui a très tôt reproché sa ruralité, la ségrégation provoquée par son éloignement mais surtout le surinvestissement du cadre au détriment du relationnel à travers l’artifice du « comme-si ».

 Ce concept, a été moqué très tôt par Georges DAUMEZON (« Pourquoi pas des villes de fous de cinquante mille habitants ? »), mais aussi par Lucien BONNAFE qui se reprochait de n’avoir pu formuler suffisamment clairement la critique de l’asile village dans son potentiel négatif « de bucolique conservatoire d’aliénés »…

On note d’ailleurs que l’hôpital village, …

DIAPO 7, Plan de masse de l’hôpital de Charleville Mezière (Monet, Dupré et Zagradsky, architectes 1966)

.. n’a été que tardivement utilisé en France comparativement à l’Allemagne. Ce concept est d’ailleurs apparu en France au moment même où l’objectif des soins dans la communauté avait commencé à se concrétiser, ce qui n’a fait que confirmer une sorte de règle préoccupante, comme une sorte de fatalité qui ferait que les projets ne se réaliseraient que lorsque les bases théoriques qui les ont portés seraient devenues obsolètes.

La controverse qui a opposé les tenants de l’hôpital village à ceux de l’hôpital urbain de cent lits (préconisé dès 1967) ne s’est pas circonscrite à des questions géodémographiques ou à des conceptions architecturales différentes.

Elle a illustré de façon extrêmement sensible la fracture entre les tenants de deux théories du soin psychiatrique institutionnel. Les défenseurs de la psychothérapie institutionnelle relationnelle, d’une part, qui s’appuyaient sur les valeurs d’échanges idéalisés, la sociothérapie, l’utopie normalisante de l’institution et de façon plus générale sur une lecture marxiste de l’aliénation qui à travers un hôpital image d’une structure idéale, reconstituait une structure thérapeutique, et de l’autre, les tenants de la psychothérapie institutionnelle psychanalytique qui préféraient l’hôpital urbain susceptible à leurs yeux de permettre une prise en charge centrée sur la modulation transférentielle et interprétante tout en diminuant les effets paradoxaux dus au cadre du faux village.

Ce débat n’a plus la vigueur qu’il a eue au milieu du 20 éme siècle mais il reste cependant présent à travers une défense institutionnelle très forte dans notre pays et une représentation du secteur,( enfant en quelque sorte de Freud et de Marx), comme structure indépassable dans son lien à l’hôpital.

DIAPO 8 ;

Je voudrais vous faire, pour finir cet acte, une courte citation d’un chapitre intitulé : « désir et infrastructure » extrait de « Pour la critique marxiste de la théorie psychanalytique », (Clément, Bruno, Selves 1973 éditions sociales), qui illustre bien ce débat : « Nous faisions état en commençant de la forme symétrique et apparemment indécidable que prend ce débat dans l’idéologie courante : la psychanalyse accuse le marxisme d’occulter le rôle fondamental du désir… le marxiste fait grief à la psychanalyse de méconnaître l’importance primordiale des rapports de production ».

CINQUIEME ACTE: Continuer le combat

Les premières projections de l’hôpital urbain, nous venons de le voir, étaient encore en 1970, à l’insu de leurs promoteurs bien sûr, infiltrées de la pensée asilaire et certains projets qui consistaient à traiter dans le même espace architectural l’ensemble des troubles psychiatriques de l’enfant au grand vieillard, étaient inscrits dans une véritable pensée totalitaire et ont heureusement fait long feu.

Par contre, on peut noter qu’en 1970 pas plus qu’en 1985 d’ailleurs, la question du confort des patients n’est posée, un peu comme si la pensée désaliénante et humaniste avait eu quelques difficultés à se représenter le malade dans une réelle altérité citoyenne. (évoquer la question de la chambre individuelle).

L’hôpital ou le centre de soins psychiatrique idéal est aussi peu réalisable que la ville idéale mais certaines lignes de force sont apparues progressivement avec le souhait de structures de proximité pas trop lourdes et refusant l’empilage, mais la dispersion sera probablement  difficilement gérable compte tenu des perspectives démographiques. Vincent BISSUEL dans les actes d’un colloque sur architecture et psychiatrie (1987), souligne la complexité de la mise en place du tissu architectural et sectoriel et son caractère peu spectaculaire : « Il est fait d’une trame directrice de moyens connus ou à promouvoir et surtout de la patience et du talent opportuniste des hommes et des femmes qui, administratifs, soignants, techniciens, élus et fonctionnaires en ont le souci ».

DIAPO 9 :

Quelle est l’importance réelle sur la psychologie des patients des volumes, des formes, de leur agencement et des circulations entre ces différents espaces ? La question de l’incidence de l’architecture sur la psychopathologie reste ouverte, tout en gardant à l’esprit que l’architecture et la psychiatrie ne sont pas des sciences exactes, pas plus d’ailleurs que la sociologie souvent appelée comme arbitre.

L’analyse de certains projets architecturaux concernant la psychiatrie dans les années 1980 est parfois surprenante et témoigne du non-respect de la nécessaire séparation des compétences. Quelques curiosités qui témoignent de la fascination de l’un par l’autre et non du complément et du respect des différences sont relevées comme par exemple :

- une collaboration architecte/psychiatre à travers une analyse quasiment sémiotique des contenus psychiques, analyse figée et datée,

- ou encore le projet de rédemption symbolique d’un pavillon d’hospitalisation traditionnelle qui devait être transformé en centre de jour. On peut penser alors à BUFFON qui a écrit : « Qu’on remue ces ruines, on trouvera dans les restes de ce bâtiment renversé et les traces des fondations et l’idée du premier dessin et la marque de l’architecte ».

Il est temps de conclure et de se poser la question qui va être au centre de cette journée, celle à travers l’existence d’une architecture spécifiquement psychiatrique qui revient à s’interroger sur l’impact sur la psychologie des patients des volumes et des formes.

 On peut alors tenter de faire dialoguer deux courants : celui dit « fonctionnaliste » où dominerait essentiellement le souci de mettre à la disposition des équipes et des patients des structures adaptées au confort nécessaire et à l’état actualisé des pratiques et un courant « symboliste/signifiant » qui tenterait de traduire directement ou indirectement une idéologie du soin ou plus précisément une certaine représentation de la maladie mentale en utilisant la « contamination signifiante positive », héritier en quelque sorte du traitement moral par son objectif consubstantiel qui est de donner un sens, une qualité thérapeutique propre,au dispositif architectural.

Jamais l’un sans l’autre, jamais l’un sans le respect de l’autre. Là est la question.

Je vous remercie

Dr Jean-charles PASCAL

Bibliographie

 

Ä     Pierre PINON : « L’hospice de CHARENTON »

Ä     Michel CRAPELET : « Modes architecturales en psychiatrie »

Ä     Jean-Pierre BOURGERON, Pierre MOREL et Elisabeth ROUDINESCO : « Au-delà du conscient »

Ä     Jean-Charles PASCAL : « Architecture et théories du soin en psychiatrie ». Le Moniteur, janvier 2004.

Ä     Les participants au numéro spécial de Recherches sur « Programmation, architecture et psychiatrie »

Ä     Et enfin les auteurs qui ont participé aux actes des deux colloques Architecture et psychiatrie édités à Nice en 1987 par l’Ecole supérieure et libre d’architecture, d’urbanisme et d’environnement